FNAC de NICE - 3/04/01 - PROMO DEFLORATION 13


L'interview s'est déroulé dans un pub-brasserie à coté de la Fnac.

Le journaliste ne connait pas bien son sujet, il a vaguement un vieux souvenir de "La Fille du coupeur...".

17h30, HFT arrive... Souriant et pharyngé, salut les aficionado(a)s, embrasse Doc sur son crâne Bartèzien...

Ca commence...



Y'a du monde cette après-midi, faut voir qu'on pense a toi à Nice, ça fait combien de temps que t'étais pas venu ici dans notre ville ?

Je sais pas, la dernière tournée, 98-98. (HFT feignant de compter sur ses doigts...)

Alors, 99, 2000, 2001...Ca fait bien 5 ans au moins !


Alors quel souvenir tu gardes du public niçois ?

J'ai un regret terrible, c'est qu'on est fermé le Théatre de Verdure. (Applaudissements des participants)

C'était un lieu magnifique, un lieu magique. On était nous les artistes en bas pendant que le public entrait, on entendait tout, y'avait déja une ambiance une heure avant, on entendait comment ça groovait là haut et on avait qu"une envie, c'est qu'on nous lache et puis qu'on monte sur scène et il y avait cette chose qui se passait au Théatre de Verdure.

La dernière fois, je ne sais plus le nom de la salle, je ne me suis pas encore habitué au nom...

L'Accropolis (souffle une participante)

Bah, il m'a manqué un p'tit truc quoi, y'a des lieux magiques, c'est dommage, c'est dommage...

Enfin, c'est pas moi qui vais foutre le bordel dans votre ville non plus !


Ce qui est dommage, c'est que tu vas commencer une tournée dans quelques mois, tu passeras pas à Nice, tu vas t'arrêter à Toulon, à Marseille et tu viens pas chez nous ?

Bah, j'ai dit , c'est le Théatre de Verdure ou rien; donc apparament, c'est rien ! Non, l'histoire c'est que très vite quand on a dit qu'on allait faire une tournée à l'automne - merde, on est en quelle année là ?! - 2001, y'a eu beaucoup de gens qui se sont précipités , on a tout de suite eu 50 dates, donc on a pu envoyer tout de suite les dates qu'on avait pour la sortie de l'album. Je pense que c'est clos pour 2001, mais je pense que sous les dates, on a dit qu'on était sur la route pendant toute l'année 2002 et j'suis toujours venu à Nice à chacune de mes tournées et je vois pas pourquoi je ne viendrais pas cette fois-ci, mais ce sera sans doute inclus dans le programme 2002 qui n'est pas encore édité.


Ca marche. Et c'est pour ça que Défloration deviendra sans doute Défloration 06 si tu passes à Nice ?

Si on veut oui...(rires) Style Mimosa.


Voila, c'est ça !

Non, mais j'suis très connu pour mon style mimosa. Le matin, vous vous réveillez, vous avez un p'tit peu la tête à l'envers et vous prenez une coupe de champagne, vous mettez un peu de jus d'orange et vous recouvrez avec du champagne et ça s'appelle un Mimosa. Et ça marche très très très bien ! Au bout du 7ème Mimosa, vous êtes pret à recommencer une nouvelle journée. (rires)


Ce sera peut-être une boisoon que l'on pourra mettre sur la carte du "Rendez-vous" qui nous accueille aujourd'hui avec la Fnac, et qu'on remercie bien entendu.

Hubert, t'as changé pas mal de choses pour ce 13ème album, t'as changé de manager, t'as changé de label, t'as changé de musiciens, qu'est ce que ça fait de se retrouver tout neuf ?

C'était y'a un peu plus d'un an donc, je me suis habitué. Au début, c'est la virginité totale, c'est à dire on est seul. On sait pas avec qui on va travailler, on sait pas comment on va faire cet album, on sait si on est encore capable d'écrire un nouvel album. On est là devant la page blanche mais la page blanche pour une fois, elle est immense. On a la trouille et ce que j'aime moi dans la vie , c'est avoir la trouille parce que chaque fois que j'ai peur, je réagis face à cette peur donc je m'implique et c'est ce que j'ai fait en quelque sorte et très vite, j'ai essayé de m'organiser déja pour retrouver l'inspiration, pour remettre de la corde sur mes doigts, pour essayer de passer le plus de temps possible avec ma guitare. Et puis de remonter la filière, mais au départ, on est vierge, seul et on est un peu comme quelqu'un qui est entrain de se dire est-ce que je me pends ou je continu... C'est quite ou double.


Et le résultat... Qu'est-ce qui est différents dans cet album par rapport aux précédents, t'as découvert des nouveaux champs..., c'est difficile à dire...?

Bah, j'ai découvert ce qui est caractéristique des artistes et de certaines personnes qui sont un peu...

C'est l'histoire du choix... je crois que Sartre disait "la liberté, c'est le choix". Et souvent quand je discute avec des gens comme ça, je m'aperçois qu'ils ont des choix à faire, mais peut-être un ou deux choix par an, hors moi, je sais que parfois, j'ai 3 ou 4 choix à faire par jour et ça, c'est quelque chose d'infiniment pénible, qui remet chaque fois le cerveau en route mais en même temps, c'est ce qui permets de dire, "j'ai décidé de la façon dont j'allais conduire ma vie, ce qui découle de ma vie. Pour un auteur, savoir comment je vais créer".


Donc, c'est pas évident cette liberté ?

Plus que jamais cet album à été un album de choix. Evidement, on ne fait pas un album tout seul...Dailleurs le seul endroit ou l'on ne nous autorise pas à aller, ce sont les usines où l'on presse les CD parce que je crois qu'il faut être déguisé en cosmonaute. Y'a un truc que j e ne connais pas. Mais sinon, un album, depuis la page blanche jusqu'au mastering, et tout ce qui est pochette, je suis impliqué tout le temps.


Biensurs. T'as eu des choix à faire dans les titres ou quoi, c'est à dire que tu as écrit plus que les chansons qu'on a ici ?

Non jamais parce que je suis un pitt-bull et quand j'accroche, je lache plus. Alors même si au bout d'un mois et demi, j'ai toujours pas trouvé une sortie à ma chanson, je m'accrocherais encore un mois et demi de plus s'il faut; certaines chansons, je mettrais 3 mois pour la faire, mais je la ferais. Je n'abandonne jamais, mais je n'ai pas de chansons d'avance non plus, enfin plus maintenant.


Tu t'accroche à ton os et tu le ronges jusqu'au bour pour qu'il soit bien poli quoi ?

Une chanson est finie quand je l'aime complétement, quand elle correspond à ce que j'ai pas entendu et à ce que j'avais envie d'entendre.


Donc, on arrive à quelque chose d'abouti...

(Hubert boit son verre de bierre en souriant).

Dans la seule fnac où l'on peut boire un demi, c'est bien ça!


Pour parler un peu de ton histoire, je crois que tu vis dans le Jura, dans un endroit à la campagne, bien loin de la ville ?

Question facile pour les gens, a pars les immigrés et puis moi, c'est où tu habites. En 99, j'ai habité 250 chambres d'hotels par exemple. Certains peuvent témoigner (en désignant et en souriant à un hôte : Le Doc).


Et cela dit, tu te retrouves quand même dans ton coin, là-bas.

Et quand j'ai fini de tourner, quand j'ai fini d'être ailleurs, je rentre chez moi et je suis entre Dijon et le Jura. C'est à dire, Dijon où mes enfants vont à l'école parce que je veux que mes enfants aient une éducation urbaine (en se moquant de lui-même), c'est également l'endroit où l'on a nos bureaux parce que Thiéfaine, c'est aussi Lilith Edition, c'est maintenant Lorelei Production. C'est à dire que toute la tournée qui va venir, c'est Lorelei Production, c'est pas moi qui produit, m'enfin ça vient de mon idée et avec des collaborateurs. Tout ça, c'est à Dijon mais par contre, le studio avec lequel je travaille avec mes musiciens, c'est dans le Jura; l'endroit où j'ai mes livres, mes disques et puis l'endroit où j'aime être pour travailler seul, c'est le Jura aussi.


Ca veut dire que ton album vient de chez toi dans le Jura, vous l'avez travaillé là-bas ?

Oui, oui j'ai trouvé un alibi terrible parce que j'adore le Jura, parce que j'adore être cette maison donc maintenant, j'écris là-bas et puis je prends de plus en plus de temps, c'est infernal.(rires)

Souvent, je dis "oh, la la j'en ai encore pour 3 mois" alors que l'album est fini mais ça me permets de rester quelques mois de plus. J'ai installé un studio donc maintenant les musiciens peuvent venir aussi dans le Jura, dans cet endroit que j'adore donc, c'est Jura-Jura-Dijon-Dijon-Paris-Paris...


Cest toujours cette histoire Nature-Ville, tu as besoin de l'un et de l'autre...?

Je ne peux pas dire que j'habite quelque part en fait, j'habite pas quelque part. Ca fait parti de mon histoire. Y'a des endroits que j'aime, je sais que maintenant j'ai les moyens d'avoir des endroits que j'aime où je peux me retrouver quand je veux mais je n'habite nulle part, je suis pas quelqu'un qui s'est arrêté.


Des endroits t'inspirent...Lors des tournées, certaines vibrations dans une ville, les rencontres que tu fais ou quoi, est-ce que tu puises dans ces rencontres pour arriver à des textes?

Je viens du Rock'roll, le Rock'roll c'est la route, c'est l'anti-bourgeoisisme, on dit anti-embourgeoisement peut-être...


C'est quoi l'embourgeoisement pour toi, c'est au contraire ses racines, l'acquis et le non doute ?

C'est mettre une robe de chambre le soir et des pantoufles et écouter Lully, Mozart... Enfin, j'exagère ça peut-être écouter du Thiéfaine aussi parfois. C'est arrêter d'être en route quoi. Moi, ma guitare est toujours un fusil, j'suis toujours prêt à me battre. La dernière branlée, je l'ai donnée y'a un mois et demi et à mon âge, on ne devrait plus faire ça mais j'ai besoin de me sentir vivant. Si j'ai choisi le Rock'roll plus qu'une autre musique, c'est parce que c'est physique. Sur scène, j'ai besoin d'y aller, je donne tout, pour moi, c'est tout ou rien. Ou bien je suis junky, ça a failli ou bien j'y vais à fond la caisse, c'est tout.


Et en ce moment, qu'est-ce qui te révolte, y'a un truc y'a un mois et demi qui t'a fait bouger et aujourd'hui ?

Aujourd'hui, j'ai vu des mandarines au bout d'un arbre, j'ai vu des citrons au bout d'un arbre, pour un jurassien j'ai trouvais ça joli ! Ma révolte au quotidien, c'est la médiocrité un peu... C'est le fait de voir qu'il y a beaucoup de gens qui se foutent de tout, qui se foutent d'eux même, qu'en on rien à cirer, qui se laissent aller et qui ne se sont pas capable de dire "Putain, je vais aller au max, pour pouvoir dire au bout de ma vie donner le rouleau à l'autre qui va aller plus loin.

En fait, je crois absolument en rien, je doute totalement de tout. Dans "Les fastes de la solitude" , je dis " je doute même de mes propres incertitudes", je n'ai aucunes vérités, je suis sincère mais c'est pas parce que je suis sincère que j'ai raison. La seule chose qui me pétiller encore les yeux, c'est de se dire que, merde, on est dans une telle connerie, on développe à peine 10 % de notre intelligence. Comme disait Léo Ferré, peut-être dans 10 000 ans, mais il faut travailler à passer le rouleau à l'autre qui va aller plus loin et quand j'entends des gens dirent le 21 ème siècle sera un siècle de mort ou de vie. Ce sera un siècle de vie si on pense à la psychanalise, si on pense à ce que chacun aille au fond de lui même, essayer de s'analyser et de s'ammender lui même pur être un meilleur acteur dans la vie sociale, là on peut s'en tirer. Voyez...

Moi, je suis à l'opposé de Houelbecque qui pense qu'il faut de nouveau faire 1917 et remettre le communisme en place.

Moi, j'inverse l'idée; pour qu'une sociéte soit bonne, il faut que les individus qui compose cette société soient des bons éléments. Et pour être un bon élément, faut y aller soit même... Kennedy disait : "Qu'est ce que vous attendez de l'état, c'est vous qui devez donner à l'état et pas l'état qui doit vous donner. C'est ça une société, c'est l'individu qui doit aller au plus loin, qui doit se déplacer et puis au bout du compte, quand il ne pourra plus, il devra donner le relai; c'est pour ça qu'on fait des enfants merde. Donner le relai à l'autre qui ira plus loin et s'il faut deux siècles pour que l'intelligence humaine soit multipliée par 0,5 tant mieux.

Mais pour moi qui est étudié le Grèc, le Latin, qui est étudié Aristote, Platon... Entre Aristote et aujourd'hui sur le plan des armes , c'est très sophistiqué, c'est imcomparable! Entre les arbalettes d'Alexandre et les missiles d'aujourd'hui, y'a rien à voir...mais entre la pensée de Platon et d'Aristote et la pensée d'aujourd'hui, y'a pas grand chose... y'a eu André Breton, Freud et les poêtes, les artistes.


Et qu'est ce qui peut faire que ça puisse changer ? Est-ce que en 25 ans de carrière, t'as vu des choses évoluer dans cette direction ?

Oui, je vois des choses qu'avancent, qui évoluent... Ils en étaient à l'arme blanche qu"en je suis né, ils en sont carrément... Ce sont les armes qui évoluent le plus vite , c'est ça qui m'emmerde.

Non, mais y'a des choses qui évoluent…
Le rapport entre les hommes et les femmes à terriblement évolué et je crois qu'il n'y a plus que moi qui continue à fantasmer sur des conneries, à prendre les femmes pour des objets mais il est clair que l'égalité est établie et que les femmes ont autant de pouvoir que les hommes. Je suis un vieux beauf à ce niveau là. Je trouve ce genre de choses très bandante. C'est pas du féminisme, ça, ça ne m'intéresse pas, je n'en parle pas, je parle de chose purement humaines dans les mentalités donc ça, j'ai l'impression que évoluent un petit peu plus.

Tu parles de ça dans " Défloration 13 " ?


Non, je dois toujours en être à : " les filles sont toutes des salopes …" parce que j'ai encore du mal à adapter mes textes à mes pensées.
(Une aficionada fait tomber son verre, Hubert rit en disant que ça marche encore !)
Je pense qu'il y a une évolution quand je discute avec les jeunes d'aujourd'hui. J'étais pas clair sur la position des femmes; vous savez que j'ai un peu d'humour et que je suis un vieux dégueulasse !

Tu réecoutes tes albums des années 70-80 ? Parce tes fils, je crois que c'est Hugo et Lucas, se sont plongés un jour dans ton histoire musicale et sont rentrés à fond dedans. Est-ce que tu réecoutes Thiéfaine 81-85 ou pas ?

Je réecoutes quand je doisrepartir en tournée et recréer un nouveau spéctacle, j'écoute un petit peu les morceaux. C'est fastidieux, genre un album par semaine. Je prends des notes, c'est tout.

J'ai un album qui vient de sortir, cela m'a pris 15 mois, donc je commence à m'accorder un petit peu de temps la dessus.


Sur scène en 2001-2002 quand tu tourneras, on aura quel genre de panachage ?

La dernière tournée, c'était prévu 3 heures à Bercy tandis que là, vu mon âge avancé, ce sera 3 chansons. Le tout est de savoir laquelle des 3 chansons on va jouer ! (rires)


Si tu les faits sur un rythme beaucoup plus lent, elles tiendront très longtemps en fait ?

Oui et je peux en accélerer certaines autres..! (rires)


Ce sera donc un panachage malgrés tout, on retrouvera des anciennes et des nouvelles ?

HFT se moquant encore plus franchement du journaliste...

Non, en fait, je suis en train d'écrire de nouvelles chansons pour la nouvelle tournée....Y'aura aucunes anciennes chansons, pas même de l'album "Défloration 13"!


Tu pars ailleurs complétement...(pauvre journaliste). Je ne sais pas, si vous avez des questions (à nous autres).

HFT termine sa gorgée de bierre et reprends la parole :

J'voulais vous dire, on a crée un petit organe qui HFT Aficionados Service Club avec Eric Issartel - 22, rue de Pommard chez pas quoi, Chevigny saint Sauveur. Avec Eric, j'ai crée en buvant du vin blancà un certain bar - je me souviens très bien de la rencontre - pour répondre au courrier des gens et puis de fil en aiguille, on a créeune sorte de fan club ou il y a un fanzine dans lequel tout le monde peut participer, même moi. On a lancé dernièrement une perche sur ce que les aficionados auraient envie d'entendre parmi les anciennes chansons. Le résultat est intéressant parce ce sont des chansons dont certaines n'ont jamais été joué sur scène et ça m'intéresse de jouer de l'inédit.


Tu te mets à l'écoute de la volonté de ton public aussi ?

Oui, ça fait 20 ans que je sillonne la France avec mes chansons, je dois en avoir pas loin de 150 enregistrées.


T'as jamais écrit pour les autres ?

A pars pour Paul Personne sur le dernier album, non.


Pas d'autres tentatives ?

Non, on vient pas me chercher, je vais pas à l'avant.


La scène te manque, t'es content de retourner sur les planches, c'est un truc qui t'excite ?

Je ne sais parce que je n'ai pas trouvé les musiciens avec lesquels j'allais tourner.


Parce que, ce ne sera les mêmes que sur Défloration 13 ?

Par rapport à l'album, je ne sais pas encore. J'ai pas encore crée le groupe. Je crois que dès qu'on a un groupe, dès qu'on est en répétitionavec ce groupe, y'a des choses qui se passent et je crois qu'à partir du moment ou ça se passe bien, on a très vite envie de monter sur scène et d'y aller. Pour l'instant, ça reste abstrait la scène.


Tu parlais toute à l'heure de ce sentiment de culpabilité qu'on a tous, de ce sentiment de culpabilité que tu aurais à être innactif ?

Oui, c'est une sorte de culpabilité qui nous paralyse tout le temps, qui nous empêche d'être des gens libres, pas heureux; je m'en fout du bonheur, mais au moins libre. C'est pour ça que j'ai écrit une chanson "Eloge de la tristesse". C'est une chanson qui sous entendu dit; y'a plein d'animateurs FM qui veulent qu'on soit debout sur les tables à dire : - Bravo tout marche bien, on claque dans les doigts.

Y'a des animateurs de TF1, ce genre de soirée qui se passe à l'heure ou beaucoup de gens éteignent la TV pour prendre un bon bouquin. Tous ces animateurs, ces gens là veulent qu'on soit béat, heureux...

On met la radio, y'a le même connard avec la voix speed qui dit (HFT s'excitant et agitant les bras, mimant un animateur) : "Il est 9 heures, on est vendredi, la vie est belle, c'est la saint machin, le soleil s'est levé mais tout va bien; on va au boulot mais c'est tranquille, c'est pénard et je vais vous passer la dernière de ..." Et il continu comme ça sur ce rythme fou, on doit être debout dans sa bagnole, c'est comme ça qu'y a des accidents d'ailleurs, et toi, t'es là, ça te fais chier ce cauchemard. C'est pas ça la vie. Dans le vie, il se passe plein d'autre chose, t'as plein de raison d'être triste et mélancolique et ti te dis, qu'est ce que c'est que ce connard qu'est en train de me bousiller la vie. Il est 9 heure du mat, lui veut m'obliger à être béat et heureux alors que moi, je suis là, j'ai mon problème, j'ai ma tristesse, ma mélancolie et j'ai même plus le droit d'être moi. La dictature de la béatitude, merde. J'ai écrit 'Eloge de la tristesse" en rebelion contre cette dictature. C'est facile, on est béat, tout le mone suit le premier mec qui vient, un chef de secte, un homme politique qui vend n'importe quel produit, on le suit parce qu'on est manipullé, on nous rend béat. Moi, je revendique ma tristesse, ma mélancolie, qu'on ne me fasse pas chier et je ne veux plus culpabiliser maintenant à cause de ça. Et c'est à un tas de niveau qu'on est tout le temps coupable.

Mais ça, c'était l'objet d'un précédent album quand j'ai écrit 33 fois ...(cherchant le titre, titre soufflé par notre Doc), c'était déja ça.


C'est monsieur qui a écrit le texte peut-être ? (en désignant Doc)

Doc répondant : Non, moi je ne me sens plus coupable de rien rien du tout !

HFT reprenant : Non, c'est un ami qui me suit... C'est vrai, on se connait parce qu'il vient à beaucoup de mes concerts, il vient à ces rencontres, voilà... A force de se voir, on se connait un petit peu. C'est mon souffleur maintenant (rire amical).

Le journaliste : Il était là avant, il m'a soufflé quelques trucs.



Questions d'aficionado(da)s présents dans le pub...


Dans une de tes chansons, tu écris : "à mettre sa vie en musique, on en oublie parfois de vivre". En le prenant au 1er degrés, est-ce que tu as rattrapé le temps perdu ?

Cette chanson est très prétentieuse parce que je l'ai écrite en 1966, j'avais 18 ans. Si on regarde bien le texte, un mec de 18 ans; là, il met beaucoup plus d'imaginaire que de vécu et d'experience dans cette chanson, mais je sais que ma compagne adore cette chanson car elle me dit que j'aurais pu l'écrire hier. Donc, ça veut dire quelque part que j'avais bien visionné la chose. C'est la plus vieille des mes chasons éditées parce qu'il y en a en avant.


Tu parles de tes enfants mais jamais de ta femme ?

Je parle de mes enfants quend ils naissent et j'essaie d'être...

Je vis un peu comme les gens que j'aime, c'est à dire, comme les poètes. Je m'imprègne de ma vie mais j'ai pas du tout en vie d'embarquer les gens qui vivent autour de moi sur scène. Je l'ai fait avec "Septembre Rose" pour Hugo quand il est né, je ne le ferais plus aujourd'hui avec lui car c'est un grand garçon et qu'il a envie d'être en dehors de tout ça. De même pourTita dong-dong qui grandit, je commence à prendre des distances vis à vis de ma vie de famille.

Mais j'ai plus de 50 ans, j'ai eu le temps de vivre beaucoup d'aventures et comme j'écrivais beaucoup à 18 ans sans experience; maintenant, je suis toujours le même pisse-copie avec 30 ans d'experience en plus. J'essaie de protéger les gens qui me cotoie le plus.


Le journaliste :

Au niveau de l'écriture, tu t'exprimes seulement dans des chansons, t'as jamais eu l'idée d"écrire un roman de développer sur une distance plus longue ?

Non, je suis un chanteur donc j'écris...

Au début, j'ai commencé à mettre des textes sur des parodies et peu à peu j'ai écris mes propres musiques. Je m'amuse à écrire des poèmes, mais c'est proche de la chanson.

J'adore les mots, les mots ne me détestent pas. Je fais parti d'une association de la défense du subjonctif maios quand j'utilise un subjonctif, il me faut bien 3 minutes d'arrêt pour...(rires). Non, la syntaxe, c'est autre chose, mais j'écris de plus en plus des articles... Mais ce sont les mots que j'aime, pas le syntaxe. J'ai commencé à écrire j'avais 12 ans, j'ai le cerveau complétement déformé par la chanson en quelque sorte.


Un aficionado :

Y a deux ans, tu disais que t'en avais marre d'être écarté du show buisness. Est-ce qu'on te verra un jour chez Drucker ?

J'ai été invité par Drucker le 28 aout 1998 pour une émission live avec mon groupe , enregistré en direct le 17 novembre 1998, soit quelques jours avant Bercy. J'ai donc préparé mon équipe pour ce show avec Drucker. Le 14 novembre 1998, on m'a dit : - Excusez-nous, mais c'est annulé. J'ai demandé pourquoi c'était annulé, ils m'ont répondu que je n'étais pas assez médiathique. J'ai donc demandé ce qu'il fallait faire pour être médiathique, ils m'ont dit qu'il fallait passer chez Drucker ! (rire).

C'est une histoire vraie, on peut la vérifier.


Le journaliste :

Cela dit, tu as vendu 4 millions d'album, ce qui est quand même considérable sans passer par tous ces circuits. C'est quand même un parcourt étrange et original dans la chanson en France au cours des 20 dernières années, c'est relativement unique.

Oui, mais il n'y a pas que Drucker et quelques chaînes qui font les médias. Y'a pas 2 ou 3 radios, 2 ou 3 journaux parisianistes. Les médias, c'est beaucoup plus vaste que ça. Bon, c'est vrai qu"avant le pouvoir était aux hommes politiques. Maintenant, les hommes politiques n'ont plus aucuns pouvoirs, que ce pouvoir est tombé aux mains des médias. Mainteant avec des choses comme internet, les médias commencent à voir leur pouvoir diminuer. Quiconque veut savoir mon actualité se branche sur Thiefaine.com, il a et c'est tenu à jour. Ca veut dire que l'on a de moins en moins besoin des médias pourêtre informé. Toute personne qui a un ordinateur peut-être informée. Et puis en même temps, ça fait des années que ça dure. c'est ma 2ème tournée des Fnac, j'en avais fait une 96. Cette tournée, c'est 8000 kms avec 22 Fnac.
Tout lemonde peut directement me parler, je ne suis pas obligé de passer par un intermédiare. Quiconque veut me traiter de n'importe quoi, je suis là, je peux répondre. C'est du direct. Je suis mon propre média et ça fait longtemps de ça dure. Depuis 25 ans, de villes en villes, je colle mes affiches, je suis là. Je suis un média comme un troubadour était un média au moyen âge. Donc ça évolu, le troubadour à un site.

Et puis toute la presse de province m'a toujours soutebu. Si je devais sortir ce qui a été écris sur moi ces 25 dernières années, c'est un stoc immence. Hors, quand on fait la une de ouest France, de l'Est républicain ou de Dauphiné libéré, c'estdix fois plus fort que d'avoir un petit article à la page 20 de Libération.


Le journaliste :

A nouveau, c'est ce côté individualiste, chacun est responsable de son destin ?

non, ce qui m'emmerde aujourd'hui, c'est qu'il faut arrêter de se dire que les médias, c'est 3 chînes de TV, 4 canards et 4 ou 5 FM. On peut se passer de ces gens là. La preuve, c'est qu'aujourd'hui des groupes comme Matmatah, tryo, Mister gang que j'adore arrivent a se passer des médias et arrivent à vendre sur un album 400 à 600 milles albums. Les médias, c'est nous, c'est internet, on a pris leur pouvoir.


Un aficionado :

Vous mettez de la musique sur votre site, on peut la downloder gratuitement, ça ne vous pose pas de problème ?

A ce niveau là, je n'ai pas tout suivi parce que j'étais très occupé mais je sais par exemple que pendant un mois avant la sortie de l'album, on pouvait écouter "Joli mai...". je sais qu'il y a eu une journée ou plusieurs fois dans le journée, on a passé l'intégralité de l'album; toujours un mois avant la sortie de l'album. Je pense que c'est sécurisé, c'est normal. Je ne suis pas une bonne soeur, si je veux pouvoir faire mon nouvel album, il faut que celui là me permette de faire le suivant.


Le même aficionado :

On achète vos albums et on se balade avec des compresseurs MP3, je voudrais savoir si ça vous gène ?

En ce qui concerne le MP3 ou Napster, je pense que les médias qui sont toujours prêts à dire n'importe quelle connerie ont grossi le chose.

Je sais que certains artistes sont très déçus de ne pas être piqué par Napster. Personnellement sur Thiéfaine, je ne suis pas trop pillé mais sous un autre nom, on m'a piqué un maximum de titres. D'accord, mais j'en suis fier, ça veut dite que ce que je fais interesse les gens. Là aussi, c'est une histoire de médias quand ils n'ont plus rien à se mettre sous la dent, ils disent n'importe quoi. Je suis sûr qu'il y a des gens qui prennent gratuitement sur Napster et qui vont acheter l'album. Je suis de ceux là. On m'offre des fois la K7 pirate de gens que j'adore en me disant : - Tiens, je t'ai fais le dernier Dylan...et ça ne m'empêche pas d'aller l'acheter. Et c'est ce qui se passe. En tant qu'artiste, je sais que je suis incapable de faire baisser le prix des CD, ce n'est pas de ma compétence. Ce que je peux dire, c'est quand tant qu'artiste, je peux essayé de rendre mon disque suffisament attractif pour qu'on est envie d'avoir l'original et pas la copie. Je pense que


T


La suite de l'interview est prévue prochainement. Rien n'a été relu, pardonnez les fautes de tous poils!

A bientôt.

Interviews, suite